NOTRE DIMANCHE
Vladimir Maiakovskyren poema bat
Les
vielles femmes prient encore
courbées
sous le joug de la piété
mais
déjà
la
marche
des
jeunesses communistes
fait résonner la foi
nouvelle.
Ce n’est plus Dieu
qui trace le cours de notre destin:
désormais l’homme
au bruit des moteurs électriques
gouvernera le monde
lui-même.
Les sorcières et les démons
ne mèneront plus la
danse
au-delà de la raison;
désormais les foudres
seront au service
de l’industrie lourde.
Le señeur dieu
ne roulera plus
la boule flamboyante du soleil.
Nous déposerons
la lune et le soleil
au Trust des Mines.
Et les hommes ne dépendront plus
du ciel
pour la honte de l’intelligence.
Nous suspendrons
aux voûtes célestes
des lustres électriques.
Nous ne remâcherons plus
les saintes écritures
sous le bâton du pope.
Nous illuminerons la
terre
par la cosmographie
et l’algèbre.
Arranche les rénes des
mains de Dieu!
Assez trompé le monde
avec tes sales miracles!
Nous établirons
nous-mêmes
sur terre
des lois humaines,
non divines!
Finies les fêstes
dans de petites églises
sales!
Nous célébrons nos
propres fêstes
par une marche
puissante.
Finies les tables
saintes,
Finies les grimaces des
rites et des messes!
Le dimanche des communistes
c’est le 25 octobre.
Ce jour-là
de toute sa taille
en pleine panique bourgeoise
l’ouvrier esclave est ressuscité.
Il est ressuscité
et s’est dressé sur ses
pieds.
Il resta un moment immobile
il regarda
et se mit en marche
brisant les chaînes de
toutes les religions.
La soie flotte sur sa
tête
Et dans sa main rayonne la science.
Laissons les églises
aux génuflexions des vieilles.
En avant!
En avant!
jeuneses communistes!
Et que le bruit de votre
marche
fasse trembler de peur
le ciel!
—Vladimir Maiakovsky-ren poema,
La Jeune Garde-ren 1. zenbakitik hartua
B. Маяковский


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